Allah y rahmo est une invocation en islam. Nous allons aborder sa signification, sa traduction, le moment auquel elle doit être dite. Cette invocation est utilisée pour présenter ses condoléances lors de la bien triste perte d’un être cher. Ce message de condoléances est surtout utilisé dans l’arabe dialectal.
Apprendre le décès d’un proche de ta famille (ton père, ta sœur…) ou de tout autre être aimé entraîne une immense tristesse. Cette terrible nouvelle brise nos coeurs et laisse une famille endeuillée. Mais en tant que musulmans, nous avons l’opportunité de multiplier les invocations pour le défunt ou la défunte. Dans ces moments difficiles, de grande tristesse, la personne endeuillée a besoin de compassion. Mais aussi de réunir toute la famille afin de se consoler durant cette période difficile. Ceci permet d’apporter un peu de réconfort et de courage pour surmonter cette épreuve. Si l’on ne peut offrir du réconfort par notre présence à la personne en deuil, on doit la soutenir dans cette dure épreuve. On peut témoigner son soutien et exprimer ses condoléances, en quelques mots sincères, dans une lettre de condoléance. Il peut néanmoins être difficile de trouver les mots justes pour souhaiter beaucoup de courage mais Allah (SWT) est là pour nous aider à traverser ces moments difficiles. Après les étapes funéraires, le travail de deuil peut commencer et l’immense douleur se dissiper avec l’aide d’Allah Le Tout-Puissant. cf Sourate pour vaincre la tristesse
La signification de « Allah y rahmo » est : qu’Allah accorde sa miséricorde à la personne décédée. C’est une invocation qu’il est préférable de dire en faveur d’un musulman. En effet, elle équivaut aux messages de condoléances tels que : « RIP (que son âme repose en paix) » ou encore « Je te présente mes sincères condoléances. « Qu’Allah lui fasse miséricorde » est la traduction de « Allah y rahmo » ou « Allah y rahmou ». En arabe, الله يْرَحْمو , Allah i rahmo se dit pour un homme, tandis que pour une femme nous disons ,الله يرحمها , « Allah i rahma » et au pluriel « Allah irhamhom ». Allah y rahmo peut également se dire dans un arabe plus soutenu : « rahimahoullah » ou « rahmatollahi ‘alayh ».
Allah y rahmo en arabe, se dit en faveur d’un défunt. Lorsque nous apprenons la mort d’une personne nous devons présenter nos condoléances aux familles des victimes. Chez les non-musulmans, nous utilisons « toutes mes condoléances », « mes sincères condoléances » ou « qu’il/elle repose en paix », comme formules de condoléances. Faire des du3a étant des actes d’adoration, il est préférable d’en faire pour le défunt. « Allah y rahmo », sera donc plus bénéfique pour lui. Dieu est Miséricordieux et Il aime qu’on l’invoque.
Lorsque la triste nouvelle du décès est apprise et que l’on nous présente ses condoléances avec la doua pour le mort « Allah y rahmo », nous répondons simplement « Amin ».
Allah (Rabbi) est, comme deux de Ses 99 noms l’indiquent, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux. Nous devons implorer Sa Miséricorde pour qu’Il nous l’accorde. Nous pouvons également la souhaiter pour autrui, mort ou vivant. Les musulmans commencent beaucoup de leurs actes par « Au nom de Dieu, Le Tout Miséricordieux, Le Très Miséricordieux ». Notamment la lecture du Livre Saint, ou avant chaque sourate dans les prières. La miséricorde d’Allah consiste, entre autre, au pardon de celui qui L’invoque. La communauté musulmane doit se repentir sincèrement même si elle a commis beaucoup de péchés, même s’il s’agit des 7 péchés capitaux en islam.
Voici un hadith rapporté par Al Boukhari (parmi les grands savants de ) et l’Imam Muslim où l’on voit la grandeur de la Miséricorde d’Allah.
D’après Abou Houreyra (qu’Allah l’agrée), le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit: » Certes Allah a écrit un livre avant de créer la création dans lequel il est inscrit: Certes ma miséricorde prévaut sur ma colère et il est écrit auprès de lui au dessus du trône « .
Après la tristesse et le chagrin causés par cette douloureuse épreuve qu’est la mort, la famille du défunt doit organiser les obsèques (funérailles) avant de faire le deuil. Généralement, nous nous adressons aux pompes funèbres qui nous guident dans les 4 étapes : la toilette funéraire (suite a celle-ci il est recommandé de faire les grandes ablutions), la salat janaza ou prière funéraire à la mosquée, la mise en linceul ainsi que l’inhumation, la mise en terre du corps au cimetière (enterrement).
La mort marque la fin de la vie d’ici-bas. Et le début du retour vers Le Créateur, le début de la vie éternelle. La mort marque également la fin de toute oeuvre pour le défunt hormis une sadaqa jariya (aumône continue), une science qui profite à autrui ou un enfant pieux qui invoque en sa faveur. Tous les musulmans doivent croire au Jour de la Résurrection, Jour du jugement, ce jour où nos âmes seront ressuscitées et où nos actions seront présentées à Allah Le Très Haut. Ainsi, le périple vers notre destination finale, le Paradis ou l’Enfer, commence. Les étapes de ce voyage éprouvant sont les suivantes :
Si la personne était croyante, ses réponses seront approuvées et la bonne nouvelle du Paradis lui sera annoncée. Au contraire, si la personne était mécréante, la mauvaise nouvelle de l’Enfer lui sera montrée.
Dans le Coran, Allah nous donne des preuves que le Paradis et l’Enfer existent. Sourate Al Bayyinah verset 8 :
« Leur récompense auprès d’Allah sera les Jardins de séjour, sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement… »
Sourate Al Jinn verset 23 :
« Et quiconque désobéit à Allah et à Son Messager aura le feu de l’Enfer pour y demeurer éternellement. »
En tant que proches du défunt, nous pouvons être profondément affectés par le douloureux décès, nous pouvons le pleurer mais il est préférable pour lui que l’on prie afin qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde. et le Paradis. Lorsque nous ne sommes pas directement concernés, un message de sympathie, des messages simples et des mots de réconforts sont bienvenus pour présenter de vives condoléances à sa famille.

Francophone né en France, ancien grand débutant en arabe devenu professeur et fondateur de « Tanger Institut ». Il consacre sa pédagogie à une idée simple : rendre l’arabe accessible à tous les francophones.