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Qu’est-ce que le Sihr dans la religion musulmane ?

Le juin 29, 2022 , mis à jour le juillet 1, 2022 — 7 minutes de lecture

Dans la vie du musulman et de la musulmane, les épreuves sont parfois multiples. Décès, maladie, difficultés professionnelles ou relationnelles, déceptions diverses, divorce… Ou encore, le fait d’être victime de sorcellerie, cet acte malveillant formellement interdit en Islam. Qu’elles soient passagères ou durables, ces épreuves sont alors l’occasion de se rapprocher de son Seigneur et de Lui adresser toutes sortes d’invocation. Dans cet article, notre intérêt se portera sur la sorcellerie en Islam : que disent le Coran et la Sunna à ce sujet ? Quels sont les moyens à notre portée pour s’en protéger ? On vous répond ci-dessous !  

Qu’est-ce que la sorcellerie en Islam ?

En langue arabe, elle se dit : السحر, que l’on peut traduire en langage phonétique par : As-Sihr. Dans son ouvrage « Leçons de Tawhid », le savant Cheikh Mouhammad Al-Wusâbî décrit la sorcellerie comme étant le septième acte annulant l’Islam. Il précise d’ailleurs que nous trouvons notamment deux types précis de magie : As-Sarf et Al-‘Atf. Il explique :

« Quant au Sarf : c’est un acte de sorcellerie visant à détourner la personne de ce qu’elle aime. Comme par exemple transformer l’amour de l’homme pour sa femme en répulsion. Et quant au ‘Atf, c’est aussi un acte de sorcellerie, visant à susciter chez une personne l’amour d’une chose qu’elle n’aime pas par des procédés diaboliques. »

Le fait d’avoir recours à ce type de magie est formellement interdit en Islam. Et nous demandons à Allah ‘aza wa jall, Seigneur des cieux et de la terre de préserver l’ensemble des croyants musulmans face à ce mal.  

La sorcellerie dans le Saint Coran

Dans le Noble Coran, et plus précisément dans la sourate Al Baqarah, Allah dit, dans une traduction du sens des versets 102 et 103 :

{Et ils suivirent ce que les diables racontent contre le règne de Soulayman. Alors que Soulayman n’a jamais été mécréant mais bien les diables: ils enseignent aux gens la magie ainsi que ce qui est descendu aux deux anges Harout et Marout, à Babylone ; mais ceux-ci n’enseignaient rien à personne, qu’ils n’aient dit d’abord : « Nous ne sommes rien qu’une tentation : ne sois pas mécréant » ils apprennent auprès d’eux ce qui sème la désunion entre l’homme et son épouse. Or ils ne sont capables de nuire à personne qu’avec la permission d’Allah. Et les gens apprennent ce qui leur nuit et ne leur est pas profitable. Et ils savent, très certainement, que celui qui acquiert [ce pouvoir] n’aura aucune part dans l’au-delà. Certes, quelle détestable marchandise pour laquelle ils ont vendu leurs âmes ! Si seulement ils savaient ! * Et s’ils croyaient et vivaient en piété, une récompense de la part d’Allah serait certes meilleure. Si seulement ils savaient !}

Au sujet de ces deux versets coraniques (versets du Coran), le savant Al Wusabî explique :

« Il apparaît clairement que la personne ne peut apprendre le Sihr qu’en mécroyant. Si, donc, elle mécroit, elle pourra l’apprendre. En se basant sur ce noble verset, il apparaît que le Sahir (le sorcier) est mécréant. Nous demandons protection à Allah contre la mécréance, l’impiété et les œuvres des gens de l’Enfer. »

Dans son tafsir, (exégèse), l’imam et savant Ibn Kathîr, qu’Allah lui fasse miséricorde, explique au sujet de ce verset coranique :

« Ibn ‘Abbas a dit : « Lorsque quelqu’un allait les trouver pour apprends le Sihr, ils le lui interdisaient fortement et lui disaient : « Nous ne sommes qu’une épreuve pour les hommes, ne deviens donc pas mécréant. » Car ils connaissaient le bien et le mal, la mécréance et la foi. Et ils savaient que la sorcellerie faisait partie de la mécréance. S’il insistait tout de même, ils lui ordonnaient de se rendre à tel endroit, et lorsqu’il s’y rendait, il y trouvait Satan qui lui enseignait. »

 

Les sept qui mènent à la perdition

Dans la Sunna aussi, nous retrouvons plusieurs hadiths prophétiques nous rappelant la gravité d’avoir recours à la magie et aux actes des sorciers.
  • Ainsi, dans un hadith rapporté par Al Boukhari et Mouslim, qu’Allah leur fasse miséricorde, d’après Abu Hourayrah, le Prophète sallaLlahu ‘alayhi wa salam a ordonné de s’écarter « des sept menant à la perdition ». C’est alors qu’on lui demanda quelles étaient ces sept choses. Il répondit alors :

« L’association à Allah, la sorcellerie, tuer une âme qu’Allah a interdit sans droit, manger l’usure, manger l’argent de l’orphelin, fuir le jour de la bataille et accuser injustement de fornication les croyantes chastes et insouciantes. »

  • Dans un autre hadith prophétique, authentifié par Cheikh Al Albani, d’après Abu Moussa Al Ach’ari, le Messager d’Allah a dit que l’alcoolique, celui qui croit au Sihr et celui qui coupe les liens de parenté n’entrent pas au Paradis.
Et nous demandons à Allah de préserver l’ensemble de la communauté musulmane de ce mal que constitue le Sihr.  

Quelques causes pour s’éloigner de la sorcellerie en Islam

Pour se préserver du mal immense que peut causer le Sihr, le serviteur pieux et croyant dispose de moyens légiférés par les versets du Coran et la Sunnah. Allah n’a-t-il pas dit dans Son noble Livre, dans la sourate Al Isrâ’ :

« Nous faisons descendre du Coran, ce qui est une guérison et une miséricorde pour les croyants. Cependant, cela ne fait qu’accroître la perdition des injustes. » (verset 82).

  • Parmi les moyens utiles permettant de détruire la sorcellerie en Islam, il y a le fait de lire la sourate Al Baqarah. En effet, dans un hadith rapporté par Mouslim, le Prophète (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) a dit :

« Lisez la sourate Al Baqara car sa récitation est bénédiction, son délaissement est malheur et les sorciers ne peuvent rien contre elle. »

  • Il est également recommandé de réciter les deux sourates de demande de protection. Il s’agit des sourates Al Falaq et Sourate An Nas. À ce sujet, ‘Uqbah Ibn ‘Âmir rapporte que le Messager d’Allah lui a dit :

« Veux-tu que je t’enseigne les deux meilleures sourates récitées ? Il s’agit [des sourates] Al Falaq et An Nâs. Ô ‘Uqbah ! Récite-les chaque fois que tu t’endors et te lèves. Elles sont les meilleurs moyens à travers lesquels on puisse demander ou chercher refuge. »

(Sahîh Al Jâmi’)

 

D’autres causes pour se préserver de tout mal

En plus des causes précédemment citées, nous retrouvons bien d’autres moyens utiles et profitables afin qu’Allah le Tout-Puissant nous prémunisse contre tout mal. En voici trois :
  • Un moyen reconnu par la Sounnah, d’après un hadith rapporté par Al Boukhari, il y le fait de manger sept dattes ‘Ajwa chaque matin :

 « Celui qui mange le matin sept dattes de la variété ‘ajwa, aucun poison ni aucune sorcellerie ne lui nuiront ce jour-là. »

  • Une autre façon particulièrement bénéfique pour demander à Allah de nous préserver de tout mal consiste à réciter les invocations du matin et du soir. Celles-ci sont appelées, en langue arabe : Adhkar As Sabah wa Al Masâ’ : اذكار الصباح والمساء.
  • Bien sûr, bien d’autres causes existent pour enlever la sorcellerie en Islam ou s’en éloigner. Les savants citent notamment le fait de s’attacher fermement au Coran et à la Sounnah. Ou encore, d’obéir aux ordres d’Allah et d’abandonner les péchés contraires à la religion musulmane.
  Et nous demandons à Allah d’éloigner le monde musulman de tout mal apparent et caché, du mal des démons et du mal de l’envieux quand il envie. Qu’Il nous maintienne sur la voie droite et la croyance authentique. Il est le Divin, le Tout Miséricordieux. Il est certes capable de toute chose.  

Sophie

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