
Face à l’injustice, l’invocation islamique est un rempart puissant. En islam, la dou’a de l’opprimé possède un statut unique : elle est entendue par Allah sans intermédiaire. C’est un refuge pour le cœur et une arme spirituelle puissante pour le musulman qui subit une injustice.

Exemple de Dou’a :
اللهم أنت حسبي ونعم الوكيل، اللهم انتقم لي ممن ظلمني
Allāhumma anta ḥasbī wa ni‘ma al-wakīl, Allāhumma intaqim lī mimman ẓalamani
« Ô Allah, Tu me suffis et Tu es le meilleur garant. Ô Allah, venge-moi de celui qui m’a opprimé. »
C’est l’invocation prononcée par une personne victime d’une injustice. Elle s’adresse directement à Allah pour demander justice, soulagement, ou rétablissement du droit.
En arabe, « doua » (دعاء) signifie littéralement « appel », ou « prière personnelle ». Elle représente le lien intime entre le croyant et son Seigneur. Lorsqu’un musulman ou une musulmane subit une injustice— que ce soit par la violence, l’injustice sociale, le harcèlement ou la trahison — il ou elle peut faire une doua spécifique, en déposant sa douleur devant Allah Azzawadjal.
Il est rapporté dans un hadith que Le Messager ﷺ a dit :
“Prenez garde à la dou’a de l’opprimé, car il n’y a pas de voile entre elle et Allah*.”
[Boukhari & Mouslim] *C’est-à-dire qu’elle est exaucée.
Allah [Le Tout-Puissant] dit dans le Coran :
« Les injustes n’auront point d’ami, ni d’intercesseur écouté. »
[Sourate Ghafir, Verset 18]
L’opprimé lui-même
Il est encouragé à invoquer sincèrement, avec confiance, car Allah répond même si l’invoquant est pêcheur.
Une personne compatissante
Une personne compatissante peut également invoquer pour la victime. C’est une preuve de solidarité et de rahma (miséricorde).
Préparation recommandée en islam :
Se tourner vers la qibla
Lever les mains, débuter par des louanges au Seigneur et des salutations sur le Prophète ﷺ
Être sincère et précis, sans formuler d’injustices en retour
Pour la protection et le soulagement :
Pour l’oppresseur :
Pour la paix intérieure :
Moments propices :
Entre l’adhan et l’iqama
En voyage
Lorsque la pluie tombe
Pendant la prosternation
Le vendredi avant maghrib (tombé de la nuit)
Dernier tiers de la nuit
Fréquence : Il n’ y a pas de limite. Le muslim peut répéter ses demandes autant de fois que nécessaire.
La dou’a de l’opprimée est puissante, mais ne doit pas être détournée pour nuire injustement.
La clé : Invoque avec une intention sincère. La haine ne doit pas polluer la demande de justice.
Chercher protection contre l’injustice
En plus de la prière, la religion encourage l’action :
Alerter une autorité
Chercher conseil
Refuser la soumission passive
“Secours ton frère, qu’il soit oppresseur ou opprimé.”
— En l’empêchant de nuire s’il est oppresseur. (Boukhari)
Cela vaut aussi dans les cas de maltraitance d’un animal, comme celui où l’on séquestre un chat jusqu’à ce qu’il meure — un acte condamné dans les hadiths et contraire aux valeurs du Coran, qui appelle à la compassion envers toute créatures.
L’opprimé ne doit jamais être isolé :
Soutien moral
Aide juridique ou administrative
Interventions dans les cas de violence, de harcèlement, ou d’injustice sociale.
Sociale : pauvreté, racisme, marginalisation
Familiale : rejet, abus, domination injuste
Professionnelle : harcèlement, travail abusif
La doua de l’opprimé est un appel sincère, une plainte déposée auprès d’Allah. Mais elle doit s’accompagner de patience, d’action et de foi. Ne pas se perdre dans la rancune, mais avancer avec confiance, courage et espoir.
La méthode complète en ligne, faite par un francophone pour les francophones, même en partant de zéro.

Francophone né en France, ancien grand débutant en arabe devenu professeur et fondateur de « Tanger Institut ». Il consacre sa pédagogie à une idée simple : rendre l’arabe accessible à tous les francophones.