Hadith

Les règles concernant la pudeur de la femme

Le avril 12, 2022 , mis à jour le mai 20, 2022 — 9 minutes de lecture

Il est bien connu de tous que la femme musulmane doit se voiler le corps ainsi que la tête lorsqu’elle se trouve en présence d’hommes qui lui sont étrangers. Toutefois, ce qui est moins répandu concerne la awra de la femme et notamment la connaissance de savoir ce qui lui est autorisé de dévoiler, à qui et dans quel cadre. Pour éclairer ce sujet, nous rapporterons des preuves tirées du Coran et de la Sounna avec notamment la parole du Messager d’Allah صلى الله عليه وسلم : le hadith.

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Qu’est-ce que la awra ?

Le terme awra qu’on écrit en arabe : عورة désigne littéralement les parties du corps honteuses de la personne qui, par pudeur doivent être cachées. En effet, l’Islam accorde une valeur particulière à la pudeur. La preuve de cela réside dans la parole du Messager d’Allah ; Mohamed ﷺ qui est : 

D’après Abou Houreira (qu’Allah l’agrée), le Prophète صلى الله عليه وسلم  a dit : « La pudeur fait partie de la foi et la foi est au paradis. L’obscénité fait partie de la bassesse et la bassesse est dans le feu. »

La nudité peut être couverte à l’aide de vêtements qui cachent les parties à cacher. C’est ainsi que le croyant et la croyante doivent faire preuve de pudeur dans leurs comportements et leurs tenues vestimentaires.

Les règles et les limites concernant la pudeur du musulman et de la femme musulmane ont parfaitement été expliquées par les spécialistes du droit musulman. Ainsi, l’Islam autorise sous conditions aux croyants de se dévêtir devant certaines personnes, explicitement mentionnées ainsi que les limites de ce qui peut être dévoilé.

La awra de la femme : Quelle est-elle ?

La awra de la femme musulmane varie en fonction de la situation. En effet, sa nudité ne sera pas la même si elle se trouve en présence d’hommes avec qui elle ne peut pas se marier, qu’on dit en arabe : « maharims » de celle en présence d’hommes étrangers, qu’on dit en arabe : « ajanib ».

  • La nudité de la femme en présence d’hommes étrangers

Lorsque la croyante se trouve en présence d’hommes inconnus, elle a pour obligation de se couvrir le corps ainsi que la tête et pour certains savants (oulémas) ; le visage également. Pour cela, elle se couvre d’un khimar (hijab). En effet, la preuve de cela se trouve dans la parole d’Allah Le Très-Haut, à la sourate Al Ahzab verset 33 :

« Ô Prophète ! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et éviteront d’être offensées. Allah est Pardonneur et Miséricordieux. »

Les savants ont expliqué que par « grands voiles », il faut sous entendre un voile légiféré, qui recouvre l’ensemble de la awra de la croyante. Ainsi, les conditions du hijab légiféré (qu’on dit en arabe : hidjab char’i) sont :

  • Il  doit couvrir entièrement le corps excepté le (visage) et les mains.
  • Il ne doit pas être attrayant : tel qu’un bel habit qui attire les regards.
  • Le hijab doit être épais de façon à ne rien dévoiler.
  • Il doit être suffisamment ample de manière à ne pas rendre visibles les formes.
  • Il ne doit pas être parfumé.
  • Le hijab ne doit pas ressembler aux vêtements des hommes et des non-musulmanes.

Si la musulmane trouve un vêtement quel qu’il soit qui remplit ces conditions, alors il lui est permis de le porter en présence d’hommes qui lui sont étrangers et donc, possibles au mariage. Le but du voile de la croyante est de préserver sa personne du regard des hommes inconnus, qui pourraient éprouver du plaisir à la regarder et mettre en danger son honneur et sa chasteté. Heureusement, la femme voilée n’a pas pour interdiction définitive l’embellissement. Il lui est permis et même recommandé, dans certains cas de s’embellir et de porter de beaux vêtements mais dans un cadre bien défini par la loi islamique (qu’on dit en arabe : chari’a).

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  •  La awra de la femme en présence de ses « maharims » 

La nudité de la femme en présence de ses maharims est bien différente de celle en présence d’hommes inconnus. Et ce, parce qu’elle est en compagnie d’hommes qui lui sont légalement interdits d’épouser tels que : son père, son frère, son fils, son beau-fils, son gendre etc. On trouve la preuve de cette règle, dans la parole d’Allah, le Tout-Miséricordieux, précisément à la sourate An Nur, le verset 33 :

« Et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraît et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines ; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’à leurs maris, ou à leurs pères, ou aux pères de leurs maris, ou à leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou à leurs frères, ou aux fils de leurs frères, ou aux fils de leurs sœurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possèdent, ou aux domestiques mâles impuissants, ou aux garçons impubères qui ignorent tout des parties cachées des femmes. »

Ainsi, ce qui est autorisé à la croyante de dévoiler devant ses « maharims » ainsi que les femmes musulmanes (car le jugement religieux est le même), c’est :

  • La tête et ce qu’elle comprend (cheveux, oreilles…).
  • Le cou et la nuque.
  • Les avant-bras (où se trouvent les bijoux).
  • Le bas des jambes et les pieds.

De cette manière, il est autorisé aux femmes croyantes de se dévoiler lorsqu’elle se trouve en présence d’hommes qui leur sont interdits au mariage comme explicitement énoncé dans le verset coranique. Néanmoins, il ne leur est pas pour autant permis de se vêtir d’une manière qui laisserait apparaître entre autres : le dos, la poitrine, le haut des jambes et des bras. Ceci n’est pas autorisé ni devant les sœurs musulmanes (awra entre femme) ni devant les maharims.

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Les pieds de la femme doivent-ils êtres cachés ?

Les pieds de la femme sont considérés comme étant une nudité et une parure et doivent par conséquent être dissimulés à l’aide d’un voile couvrant le corps et ses pieds. Aussi, ils peuvent être couverts à l’aide de chaussures. Cependant, comme l’a expliqué le savant Al Albani (qu’Allah lui fasse miséricorde) ; ces chaussures ne doivent pas être multicolores ou de couleurs attrayantes qui pourraient attirer les regards et l’attention sur celle qui les porte. Ce qui est préconisé par la sunna (qu’on écrit aussi : sounna, sounnah) est la discrétion et la pudeur pour la musulmane voilée. La preuve de cela réside dans la parole d’Allah Azzawajal, à la sourate An Nour , le verset 31 :

« Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds afin que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. »

Hélas, de nos jours il n’est pas rare de voir des jeunes-filles et femmes voilées qui par ignorance, très certainement, laissent leurs pieds visibles en se chaussant par exemple de claquettes et sandales. Pourtant, les femmes à l’époque du prophète Salla Allahou ‘alayhi wa salam accordaient une grande importance concernant leur awra et considéraient leurs pieds comme étant une nudité et la preuve se trouve dans ce hadith, authentifié par cheikh Albani :

D’après ‘Abdallah Ibn ‘Omar (qu’Allah les agrée), le Prophète  صلى الله عليه وسلم a dit : « Celui qui laisse traîner son vêtement par orgueil Allah ne le regardera pas le jour du jugement. »
Oum Salama (qu’Allah l’agrée) a dit: Comment doivent faire les femmes avec leurs traînes ?
Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Elles les font descendre d’un empan. »
Elle a dit : Alors leurs pieds vont se découvrir.
Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit : « Elles les font descendre d’une coudée et qu’elles ne rajoutent pas à cela. »

Cheikh Albani a expliqué que par ce hadith, il y a une preuve que les pieds de la femme font partie de sa nudité et que les femmes avaient connaissance de cela à l’époque du prophète Mohamed ﷺ et que le messager d’Allah a approuvé ses dires et que c’est pour cela qu’il le lui a ordonné (à Oum Salama) de laisser tomber son vêtement d’une coudée. 

La awra de la femme devant le mari

Évidemment, la femme n’est pas tenue de porter le hijab devant son époux. Bien au contraire, il lui est conseillé de s’embellir pour lui en portant de beaux vêtements, en soignant son hygiène et son apparence générale. Tout comme l’époux est tenu de s’embellir pour son épouse. En agissant ainsi, la femme peut espérer être récompensée car cela amène épanouissement et satisfaction de l’époux. Il n’y a donc pas de limites à respecter devant le mari, la femme est libre de porter n’importe quelle tenue vestimentaire comme embellissement.

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Toutefois, ce qui est valable pour le mari ne l’est pas pour les enfants. En effet, la femme est tenue de préserver sa parure et de conserver une certaine pudeur lorsqu’elle se trouve en leur présence. D’autant plus s’ils ont atteint un âge de compréhension des parties cachées de la femme. En effet, ce manque de bienséance pourrait les perturber ou les habituer à une telle conduite. Ainsi, les règles qui concernent la nudité de la femme devant sa progéniture correspondent à ce qui est coutumier de dévoiler en général tel que : le visage, les mains, les bras, les pieds, les coudes etc.

Qu’en est-il de la voix de la femme ?

La voix de la femme n’est pas nudité comme l’a bien détaillé le savant Al Otheimine (qu’Allah lui fasse miséricorde). Pour appuyer son argumentation, il expose la preuve de la parole d’Allah سبحانه و تعالى à la sourate Al Ahzab, le verset 32 :

{Ô femmes du Prophète ! Vous n’êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas trop complaisantes dans votre langage, afin que celui dont le cœur est malade [l’hypocrite] ne vous convoite pas. Et tenez un langage décent.}

Par conséquent, si Allah سبحانه و تعالى a autorisé aux mères des croyants (qu’Allah soit satisfait d’elles) de parler aux hommes (par souci de nécessité) c’est que la voix de la femme n’est pas une awra. Il n’y a donc pas de mal à ce qu’un homme entende la voix d’une femme. Cependant, comme dit dans le verset coranique, la femme ne peut pas s’exprimer d’un ton et d’une voix douce de manière à ce que l’homme (malade et pervers) prenne satisfaction à l’entendre.

Umm Abdirrahman

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