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La gratitude et la patience : « l’essence de la foi »

Le novembre 19, 2022 , mis à jour le novembre 22, 2022 — 7 minutes de lecture

Inchallah, ma cha Allah… Dans la religion musulmane, nous trouvons un certain nombre d’expressions usuelles rappelant que tout est entre les Mains d’Allah et qu’il ne se passe que ce qu’Il a décidé. Parmi ces expressions, nous pouvons également citer : kheir in sha Allah. Que signifie-t-elle exactement ? Dans quels contextes, les musulmans et les musulmanes l’utilisent-elle généralement ? On vous répond ci-dessous !

 

Kheir in sha Allah : Une expression répandue dans la communauté musulmane

L’expression « kheir in sha Allah » a pour signification : « C’est un bien, si Allah le veut » ou encore : « Il s’agit d’une bonne chose, si Allah le veut. » Il s’agit de la retranscription phonétique de l’expression arabe : خَيْرٌ إِنْ شَاءَ الله.

Cette expression, faisant mention d’Allah, le Divin, est généralement utilisée par le serviteur musulman lorsque celui-ci traverse une période de troubles, une épreuve ou parfois même un moment de doute ou de regrets. Durant ces moments plutôt ternes, le musulman se rappelle qu’il y a sans doute un bien dans cette situation.

Il arrive également que ce soit son frère ou sa sœur en Islam qui lui adresse ce rappel afin de le raisonner, de le soutenir ou d’apporter une note positive et d’espoir dans la conversation. Par exemple, si l’on apprend qu’un proche a perdu son emploi, il est possible de dire : « Kheir in sha Allah », en espérant pour lui que cette épreuve sera suivie d’une bonne nouvelle et pourquoi pas d’une proposition d’emploi plus intéressante pour lui.

Par ailleurs, il n’est pas rare d’entendre des musulmans dire plus simplement : « Kheir », au lieu de dire la formule complète. On comprend malgré tout la volonté du locuteur de mentionner Allah le Créateur et le Seigneur, Celui qui fait ce qu’Il veut et qui est capable de toute chose.

Vous l’aurez donc compris, cette expression très appréciée par la communauté musulmane permet de rappeler au serviteur d’Allah qu’il y a un bien dans chaque situation et qu’il ne doit pas désespérer, même lorsque les situations ne sont pas telles qu’il les espérait. La louange revient à Allah dans tous les cas.

 

La sagesse, un bien pour les croyants

Dans le Saint Coran, le mot خَيْر est d’ailleurs utilisé à de multiples reprises. Généralement traduit en français par « bien » ou « un bien », il permet de mieux comprendre ce que signifie ce mot.

Par exemple, dans la sourate Al Baqarah (sourate coranique La Vache), Allah dit, dans une traduction du sens du verset 269 :

{Il donne la sagesse à qui Il veut. Et celui à qui la sagesse est donnée, vraiment, c’est un bien immense qui lui est donné. Mais les doués d’intelligence seulement s’en souviennent.}

Ici, le « bien immense » se dit dans le Noble Coran : خَيْرًۭا كَثِيرًۭا.

Au sujet de cette sourate médinoise (révélée après l’hégire à Médine), le savant et imam Ibn Kathîr, qu’Allah lui fasse miséricorde, explique dans son Tafsîr (exégèse) : « {Il donne la sagesse à qui Il veut} : Abu Al ‘Aliyyah dit : « La sagesse désigne la crainte d’Allah qui est la base de toute sagesse. » Il dit également que cela désigne le Coran et sa compréhension. Pour Abou Mâlik, cela désigne la Sunna. […] Mâlik a dit : « J’ai en mon cœur que la sagesse désigne la compréhension de la religion d’Allah, une chose qu’Allah fait pénétrer dans les cœurs, par Sa miséricorde et Sa grâce. »

Ainsi, parmi les biens que le serviteur d’Allah peut espérer obtenir, il y a la sagesse qu’Allah accorde à qui Il veut parmi Ses serviteurs. Bien d’autres versets font mention du « kheir ». Voyons-en un autre…

 

L’obéissance à Allah, un bien pour le croyant et la croyante

Dans la sourate At-Taghâboun, une des sourates médinoises, au verset 16, Allah dit :

{Craignez Allah, donc autant que vous pouvez, écoutez, obéissez et faites largesses. Ce sera un bien pour vous. Et quiconque a été protégé contre sa propre avidité… ceux-là sont ceux qui réussissent.}

En lisant le mushaf, nous pouvons lire : خَيْرًۭا لِّأَنفُسِكُمْ.

Dans son exégèse, Ibn Kathîr explique ce qui est meilleur pour le croyant ici-bas et dans l’au-delà En effet, il dit : « Soumettez-vous à ce qu’Allah et Son Messager vous ordonnent, n’en déviez d’aucune façon. Ne devancez pas Allah et Son Messager. Ne contrevenez pas à ce qu’on vous ordonne et ne commettez pas ce qu’on vous interdit. […] Montrez-vous bienfaisants envers les créatures d’Allah comme Lui S’est montré bienfaisant envers vous. Ceci sera meilleur pour vous ici-bas et dans l’au-delà. »

 

Tout ce qui arrive au croyant est un bien !

Par ailleurs, nous retrouvons dans la Sounnah de notre Prophète et Messager, sallaLlahu ‘alayhi wa salam, un certain nombre de hadith faisant référence à la situation favorable et bénéfique de tout croyant.

Par exemple, dans un hadith prophétique rapporté par l’imam Mouslim, d’après Souhayb Ibn Sinân Ar-Roûmî, le Messager d’Allah, sur lui la paix et le salut d’Allah, a dit :

« Que le cas du croyant est étonnant ! Tout ce qui le concerne est un bien (un kheir), et cela n’appartient à personne d’autre qu’au croyant. Si un bonheur l’atteint, il se montre reconnaissant et c’est un bien pour lui. Et si un malheur l’atteint, il se montre patient, et c’est un bien pour lui. »

Concernant ce hadith du dernier des Prophètes et Messagers ﷺ, Cheikh Ferkous explique sur son site que les deux qualités que sont la gratitude et la patience sont « l’essence de la foi. » Il explique également :

« Le vrai croyant doit être reconnaissant et patient. Il ne se plaint pas et ne s’emporte pas. Il endure plutôt l’épreuve qui lui vient d’Allâh le Très-Haut. Il accueille bien son destin, ne dépasse pas les limites en cas de grâce. Et il ne se met pas en désarroi en cas de difficulté. Au contraire, il se satisfait de tous les Ordres et Jugements d’Allâh le Très-Haut. »

Ainsi, le croyant pieux à la recherche de l’agrément d’Allah et de Son vaste Paradis comprend que la bonne nouvelle, au même titre que la mauvaise, constituent l’occasion d’adorer son Seigneur. Et ce, soit par la reconnaissance, soit par la patience.

 

Pour le croyant, tout est un bien

Comme nous l’aurons compris, pour le croyant et la croyante, tout est un bien. Et chaque situation, qu’elle semble favorable ou défavorable, constitue une occasion d’adorer et d’invoquer Allah afin de se rapprocher de Lui et de purifier son âme.

Bien évidemment, d’autres adorations permettent au serviteur pieux de se rapprocher de son Créateur. Parmi celles-ci, nous pouvons citer le faire de concrétiser le Tawhid (Unicité d’Allah, monothéisme), de faire la salat (cinq prières obligatoires), de verser la zakât (aumône), de faire le jeûne du mois de Ramadan, d’accomplir le pèlerinage à La Mecque…

En plus de ces cinq piliers de l’Islam, le croyant peut s’adonner à la méditation et la récitation du Coran, le Livre d’Allah, sans oublier sa mise en pratique. Il peut également faire de bonnes actions, lire des ouvrages islamiques de grands savants, avoir un bon comportement, multiplier le Dhikr (rappel d’Allah)… Aller fréquemment à la mosquée, y réciter quelques versets du Saint Coran…

Vous l’aurez compris, les actes d’adoration et les occasions sont bien nombreux pour permettre aux croyants de raffermir leur foi et d’œuvrer pour espérer le Paradis et s’éloigner du châtiment de l’Enfer.

Et nous demandons à Allah, le Tout Miséricordieux de venir en aide aux musulmans, de les couvrir de Sa bénédiction et d’accepter leur repentir. Que les prières et les éloges soient sur notre Prophète et Messager ﷺ, sur sa famille et ses nobles Compagnons.

 

Oum Mouhammed

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