Comment apprendre l'arabe

Les voyelles courtes

Le septembre 22, 2021 , mis à jour le décembre 2, 2021 — 2 commentaires — 6 minutes de lecture

Bienvenue à tous dans cet article où les voyelles courtes en arabe sont à l’honneur ! En effet, il faut savoir que la langue arabe dispose de voyelles courtes, également appelées « voyelles brèves » et de voyelles longues, parfois appelées « voyelles allongées ». Ainsi, le son de certaines syllabes arabes sera allongé, prolongé, tandis que d’autres ne le seront pas. Et ce sont bien ces dernières qui nous intéressent aujourd’hui : les voyelles courtes. Il s’agit là d’une leçon importante pour bien mémoriser l’alphabet arabe et savoir comment fonctionnent ses consonnes et ses voyelles.

Voyons donc les voyelles courtes d’un peu plus près en répondant aux questions que nombre d’entre vous se posent.

 

Quelles sont les voyelles courtes en arabe ?

En langue arabe, il existe trois voyelles courtes, et non quatre comme le pensent certains. Ces voyelles courtes viennent accompagner, vocaliser chacune des lettres de l’alphabet arabe. Il s’agit bien plus que de simples signes diacritiques que l’on peut trouver en langue française. Ici, il s’agit bien de vocaliser la consonne, de lui attribuer une voyelle.

  • La première de ces voyelles courtes est appelée « la Fatha » – الْفَتْحَة. Elle ressemble légèrement au son [a] (proche de la prononciation du français). Quant à sa transcription graphique, elle se compose d’un trait incliné et se situe au-dessus de la consonne qu’elle accompagne :

 

  • La deuxième de ces voyelles courtes est appelée « la Damma » – الضَّمَّة. Elle ressemble au son [ou] français. En transcription phonétique, on écrit parfois « ou », parfois « u » (différentes graphies ou transcriptions phonétiques sont donc possibles). Concernant sa graphie, nous traçons une petite boucle que l’on placera également au-dessus de la consonne qu’elle accompagne, comme ceci :

 

  • La troisième et dernière voyelle courte (contraire de la voyelle longue) s’appelle « la Kasra » – الكَسْرَة. Elle correspond au phonème [i] de l’alphabet latin que nous utilisons tous. Sa graphie se compose d’un trait incliné qui se positionne sous la consonne qu’elle accompagne :

 

Pourquoi les trois voyelles courtes sont-elles appelées ainsi en arabe ?

Voilà une question particulièrement intéressante : pourquoi les trois voyelles courtes s’appellent-elles « Fatha », « Damma » et « Kasra » ?

  • Au sujet de la voyelle Fatha : il faut savoir qu’en arabe, ce mot signifie « ouvrir ». Et lorsque nous souhaitons prononcer le son de cette voyelle courte, le son [a], que faisons-nous ? Nous ouvrons la bouche en éloignant les lèvres l’une de l’autre. C’est ainsi qu’il a été décidé d’appeler cette voyelle « Fatha », en référence à l’ouverture des lèvres qu’exige sa prononciation.
  • Concernant la voyelle Damma : en arabe, ce mot signifie « regrouper ». Et lorsque nous prononçons le phonème [ou] caractéristique de cette voyelle arabe, nous formons un petit rond avec nos lèvres, n’est-ce pas ? Nous rapprochons nos deux lèvres, nous les regroupons.
  • Enfin, pour la voyelle courte Kasra, il faut savoir qu’en arabe, ce mot signifie « casser ». Et lorsque nous prononçons le son [i] de la Kasra, que faisons-nous ? Nous cassons l’association des deux lèvres en les éloignant l’une de l’autre.

Vous connaissez maintenant l’origine des noms de ces trois voyelles courtes ! Pour la Fatha, nous ouvrons les lèvres en même temps, pour la Damma, nous regroupons les lèvres pour former un petit rond et enfin, pour la Kasra, nous séparons les deux lèvres, nous cassons leur association en faisant descendre la lèvre inférieure vers le bas.

 

Existe-t-il une quatrième voyelle courte en arabe ?

De nombreuses personnes considèrent que la Soukoun – السُّكُون est la quatrième voyelle courte alors qu’il n’en est rien. En effet, la Soukoun n’est pas une voyelle, c’est même le contraire d’une voyelle puisqu’elle ne vient pas pour vocaliser une consonne, elle vient pour lui apporter un caractère muet, dénué de vocalisation.

La Soukoun est utilisée lorsque l’on souhaite prononcer une lettre (ou consonne) sans l’accompagner d’un son vocalisé (Fatha, Kasra ou Damma). Ainsi, seul le son de la consonne est prononcé. Elle est symbolisée par un petit rond que l’on insère au-dessus de la lettre concernée. Elle ressemble à ceci :

 

Par ailleurs, en arabe, le mot السُّكُون fait référence au fait d’être paisible, d’être en paix. Pourquoi cette appellation ? Car en réalité, nous ne faisons rien avec les lèvres. Prenons, par exemple, la lettre ب à laquelle nous ajoutons une Soukoun et que nous faisons précéder d’un Alif – ا. Cela donnera ceci :

Cette syllabe se prononce alors, d’un point de vue phonétique, comme ceci : [ab] : nous avons bien prononcé le son de la lettre ب mais nous ne l’avons pas accompagné d’une voyelle. Nous avons prononcé le son ب seulement.

 

Comment se lisent les syllabes ayant une voyelle courte ?

Comme nous l’avons dit précédemment :

  • en présence d’une Fatha, nous ajouterons le son [a] à la consonne ;
  • en présence d’une Damma, nous ajouterons le son [ou] à la consonne ;
  • en présence d’une Kasra, nous ajouterons le son [i] à la consonne.

Voyons quelques exemples à partir de la lettre :

 

1/ Lorsque la lettre ب s’accompagne de la Fatha, sa graphie cursive sera la suivante :

Ici, la voyelle initiale est la Fatha et la prononciation sera en transcription phonétique : [ba]

 

2/ Lorsque la lettre ب s’accompagne de la Damma, sa graphie sera la suivante :

Ici, le son que l’on prononcera sera : [bou]

 

3/ Lorsque la lettre ب s’accompagne de la Kasra, sa graphie sera :

Ici, la prononciation sera : [bi]

 

Ainsi, comme nous venons de le voir, les prononciations des lettres (les sons, les phonèmes) et des mots varient selon la présence ou non des voyelles courtes. Il existe également les voyelles longues arabes qui viennent allonger (apporter un allongement, une prolongation) le son des syllabes (ou structure syllabique) et des mots et dont nous parlons dans un autre article. Il y a tant à dire sur la voyelle longue également, vous verrez in cha Allah !

Par ailleurs, il est important d’apporter une attention toute particulière à la prononciation des voyelles (l’articulation phonologique, le point de sortie des lettres ou point d’articulation…) que nous venons de voir. Selon la lettre arabe qui l’accompagne, la voyelle Fatha, par exemple, verra sa prononciation vocalique légèrement modifiée. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que la langue arabe est une langue subtile, raffinée… mais pas pour autant compliquée !

À vous donc, de poursuivre vos efforts pour maîtriser progressivement la langue arabe en commençant par l’apprentissage de l’alphabet arabe, tout en étudiant la prononciation de chacune de ses lettres (ce qu’on appelle la phonologie). N’hésitez pas également à suivre des cours en ligne (ou en présentiel) afin d’acquérir de solides bases dans des domaines aussi variés que l’orthographe, la conjugaison, la grammaire, la linguistique… N’hésitez pas également à lire l’arabe à partir de divers supports pédagogiques, livres, cahiers, œuvres littéraires… D’ailleurs, entraînez-vous à lire à voix haute afin d’entendre votre prononciation des mots et corriger les éventuelles erreurs phonologiques concernant les consonnes et les voyelles.

Sophie

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Commentaires

Le juin 30, 2020 à 2:20 , Ziao ouardjouma a dit :


Je suis vraiment content de cette petite leçon sur les voyelles dans l'apprentissage de l'arabe.jai bien compris cette leçon et elle me permettra de m'améliorer dans la lecture de la langue arabe
Je vous en remercie infiniment


Votre réponse sera révisée par les administrateurs si besoin.

Le mai 19, 2021 à 11:13 , Sabah a dit :


Merci de ton retour!
Nous sommes ravis d'avoir pu t'aider.

Fraternellement.


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